2009-11-15
Mon horaire au Salon du Livre de Montréal
Voici l'horaire de mes présences au Salon du Livre de Montréal (Place Bonaventure) et autres interventions publiques associées.
Mercredi, 18 novembre
11h30-13h, Prologue (Médiaspaul), pour les ouvrages de Jean-Louis Trudel
14h-15h, RÉCF (Vermillon/David), pour les recueils de Jean-Louis Trudel et l'ouvrage Jean-Louis Trudel de Sophie Beaulé
Jeudi, 19 novembre
11h30-13h, Prologue (Médiaspaul), pour les ouvrages de Laurent McAllister
14h-15h, RÉCF (Vermillon/David), pour les recueils de Jean-Louis Trudel et l'ouvrage Jean-Louis Trudel de Sophie Beaulé
Vendredi, 20 novembre
15h45-16h15, Agora, « Vingt-cinq ans de science-fiction au Canada : Jean-Louis Trudel présente son nouveau recueil de science-fiction, Les marées à venir (Vermillon, 2009) et fait le point sur une carrière de vingt-cinq années comme auteur de science-fiction, mais aussi comme observateur et historien du genre au Canada francophone. Il livre ses impressions sur l'évolution du genre et il explique sa démarche créatrice, en particulier en ce qui a trait aux nouvelles du recueil, en prise sur l'actualité scientifique et technique. »
17h-18h, RÉCF (Vermillon/David), pour les recueils de Jean-Louis Trudel et l'ouvrage Jean-Louis Trudel de Sophie Beaulé
Samedi, 21 novembre
12h-12h30, RÉCF (Vermillon), simple présence à l'événement « Rendez-Vous Midi »
14h-15h, Alire, avec Yves Meynard, pour le recueil Les Leçons de la cruauté de Laurent McAllister
16h-16h30, Alire, pour la revue Solaris
17h-18h, RÉCF (Vermillon/David), pour les recueils de Jean-Louis Trudel et l'ouvrage Jean-Louis Trudel de Sophie Beaulé
(hors Salon du Livre, au Saint-Bock, 1749 rue Saint-Denis)
18h-20h, Brasserie Le Saint-Bock, simple présence au lancement du numéro 25 de la revue Brins d'éternité
Dimanche, 22 novembre
10h-11h, Alire, avec Yves Meynard, pour le recueil Les Leçons de la cruauté de Laurent McAllister
11h-12h30, Prologue (Médiaspaul), avec Yves Meynard, pour les ouvrages de Laurent McAllister
(hors Salon du Livre, à l'Hôtel Days, 1005 rue Guy)
13h-15h, Salon Saint-François, avec Claude Lalumière, Leslie Lupien et Mark Shainblum,
« The Write Stuff: Discussion of trends in SF/F writing; what’s hot, what’s not, both in professional circles and in online fanfic? We'll highlight the most original new fiction along with the most hackneyed clichés and overused plot devices. » [Réunion de l'AMonSFF]
Mercredi, 18 novembre
11h30-13h, Prologue (Médiaspaul), pour les ouvrages de Jean-Louis Trudel
14h-15h, RÉCF (Vermillon/David), pour les recueils de Jean-Louis Trudel et l'ouvrage Jean-Louis Trudel de Sophie Beaulé
Jeudi, 19 novembre
11h30-13h, Prologue (Médiaspaul), pour les ouvrages de Laurent McAllister
14h-15h, RÉCF (Vermillon/David), pour les recueils de Jean-Louis Trudel et l'ouvrage Jean-Louis Trudel de Sophie Beaulé
Vendredi, 20 novembre
15h45-16h15, Agora, « Vingt-cinq ans de science-fiction au Canada : Jean-Louis Trudel présente son nouveau recueil de science-fiction, Les marées à venir (Vermillon, 2009) et fait le point sur une carrière de vingt-cinq années comme auteur de science-fiction, mais aussi comme observateur et historien du genre au Canada francophone. Il livre ses impressions sur l'évolution du genre et il explique sa démarche créatrice, en particulier en ce qui a trait aux nouvelles du recueil, en prise sur l'actualité scientifique et technique. »
17h-18h, RÉCF (Vermillon/David), pour les recueils de Jean-Louis Trudel et l'ouvrage Jean-Louis Trudel de Sophie Beaulé
Samedi, 21 novembre
12h-12h30, RÉCF (Vermillon), simple présence à l'événement « Rendez-Vous Midi »
14h-15h, Alire, avec Yves Meynard, pour le recueil Les Leçons de la cruauté de Laurent McAllister
16h-16h30, Alire, pour la revue Solaris
17h-18h, RÉCF (Vermillon/David), pour les recueils de Jean-Louis Trudel et l'ouvrage Jean-Louis Trudel de Sophie Beaulé
(hors Salon du Livre, au Saint-Bock, 1749 rue Saint-Denis)
18h-20h, Brasserie Le Saint-Bock, simple présence au lancement du numéro 25 de la revue Brins d'éternité
Dimanche, 22 novembre
10h-11h, Alire, avec Yves Meynard, pour le recueil Les Leçons de la cruauté de Laurent McAllister
11h-12h30, Prologue (Médiaspaul), avec Yves Meynard, pour les ouvrages de Laurent McAllister
(hors Salon du Livre, à l'Hôtel Days, 1005 rue Guy)
13h-15h, Salon Saint-François, avec Claude Lalumière, Leslie Lupien et Mark Shainblum,
« The Write Stuff: Discussion of trends in SF/F writing; what’s hot, what’s not, both in professional circles and in online fanfic? We'll highlight the most original new fiction along with the most hackneyed clichés and overused plot devices. » [Réunion de l'AMonSFF]
Libellés : Montréal, Salon du livre
2009-11-14
L'astronomie en panne sèche?
Sur son blogue, l'astronome et historien de l'astronomie John B. Hearnshaw se demande si l'astronomie est en panne sèche : malgré une masse croissante de publications, le nombre de découvertes qu'il juge fondamentales serait nettement plus réduit depuis quelques décennies qu'au début du vingtième siècle. L'astronome allemand Daniel Fischer a réagi en suggérant d'autres listes de découvertes astronomiques marquantes, mais il n'a pas proposé d'explication définitive à cette baisse de régime. Hearnshaw lui-même lance l'idée que l'astronomie aurait découvert presque tout ce qu'il y a à découvrir, de sorte que nous nous retrouverions dans la situation des Européens à la fin du XIXe siècle, quand la mappemonde était presque complète même s'il restait encore des régions inexplorées et une connaissance du monde à parfaire. Ce qui serait un peu triste, puisque cela voudrait dire que l'époque héroïque des grandes découvertes serait terminée...
(Navire d'une expédition de secours à la recherche de Sir John Franklin et de ses hommes, pris au piège de la glace en 1850-1851 dans le détroit de Barrow — Aquarelle de George Frederick McDougall, c. 1825-1871, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d'accession R11235-1)
D'autres idées ont été proposées. Sommes-nous si sûrs de pouvoir identifier dès aujourd'hui les découvertes majeures de ces dernières années? Il est peut-être un peu tôt pour se prononcer sur leur valeur... Certaines percées de la première moitié du XXe s. en astronomie étaient tributaires de l'essor de la nouvelle physique à la même époque : en l'absence de révolutions correspondantes dans la physique de la seconde moitié du siècle, les astronomes auraient-ils été empêchés de faire progresser leur compréhension des objets et phénomènes astronomiques? Il est également possible que nos instruments ne soient pas à la hauteur des objets et phénomènes qu'il reste à découvrir mais qui seraient trop peu lumineux pour être observés, malgré l'amélioration des capteurs et des télescopes.
En tout cas, je note en tant qu'historien que d'autres périodes ont été relativement pauvres en découvertes (au début du XVIIIe s., p. ex.) et que ce n'était pas faute de découvertes à venir! Par conséquent, il reste de l'espoir.
Par contre, ce passage à vide de l'astronomie pourrait entraîner un désintérêt du public pour le sujet qui ne serait pas sans conséquences. La méconnaissance de l'astronomie alimenterait le scepticisme du public face à la visite de la Lune par les astronautes d'Apollo XI qui ne serait qu'un vaste complot (!) ainsi que la peur de cataclysmes cosmiques divers, comme la destruction de la Terre en 2012 par la planète Nibiru, selon un délire dénoncé (.PDF) par David Morrison. C'est bien pourquoi on essaie actuellement de réagir en branchant de nouveau le public sur les espaces extérieurs, que ce soit en envoyant un SMS aux extraterrestres de Gliese 581 d ou en suggérant de faire appel aux profanes pour donner des noms aux exoplanètes...
(Navire d'une expédition de secours à la recherche de Sir John Franklin et de ses hommes, pris au piège de la glace en 1850-1851 dans le détroit de Barrow — Aquarelle de George Frederick McDougall, c. 1825-1871, Bibliothèque et Archives Canada, numéro d'accession R11235-1)D'autres idées ont été proposées. Sommes-nous si sûrs de pouvoir identifier dès aujourd'hui les découvertes majeures de ces dernières années? Il est peut-être un peu tôt pour se prononcer sur leur valeur... Certaines percées de la première moitié du XXe s. en astronomie étaient tributaires de l'essor de la nouvelle physique à la même époque : en l'absence de révolutions correspondantes dans la physique de la seconde moitié du siècle, les astronomes auraient-ils été empêchés de faire progresser leur compréhension des objets et phénomènes astronomiques? Il est également possible que nos instruments ne soient pas à la hauteur des objets et phénomènes qu'il reste à découvrir mais qui seraient trop peu lumineux pour être observés, malgré l'amélioration des capteurs et des télescopes.
En tout cas, je note en tant qu'historien que d'autres périodes ont été relativement pauvres en découvertes (au début du XVIIIe s., p. ex.) et que ce n'était pas faute de découvertes à venir! Par conséquent, il reste de l'espoir.
Par contre, ce passage à vide de l'astronomie pourrait entraîner un désintérêt du public pour le sujet qui ne serait pas sans conséquences. La méconnaissance de l'astronomie alimenterait le scepticisme du public face à la visite de la Lune par les astronautes d'Apollo XI qui ne serait qu'un vaste complot (!) ainsi que la peur de cataclysmes cosmiques divers, comme la destruction de la Terre en 2012 par la planète Nibiru, selon un délire dénoncé (.PDF) par David Morrison. C'est bien pourquoi on essaie actuellement de réagir en branchant de nouveau le public sur les espaces extérieurs, que ce soit en envoyant un SMS aux extraterrestres de Gliese 581 d ou en suggérant de faire appel aux profanes pour donner des noms aux exoplanètes...
Libellés : Astronomie
2009-11-13
Pic pétrolier et plateau énergétique?
Dans un numéro spécial des Philosophical Transactions of the Royal Society paru le 27 octobre dernier, Richard Nehring signe un article sur les perspectives énergétiques d'ici à 2050. À ses yeux, il n'y a pas moyen d'échapper à une baisse. Même si le pic pétrolier tant redouté n'est pas pour tout de suite, il est difficile de prévoir autre chose qu'une baisse de la production de combustibles fossiles par personne d'ici 2050 et Nehring conclut : « Total fossil fuel production will continue to grow, but only slowly for the next 15–30 years. The subsequent peak plateau will last for 10–15 years. These production peaks are robust; none of the fossil fuels, even with highly optimistic resource estimates, is projected to keep growing beyond 2050. World fossil fuel production per capita will thus begin an irreversible decline between 2020 and 2030. »
Ceci induirait un maximum correspondant dans les émissions de certains gaz à effet de serre, comme quoi ce n'est pas nécessairement une mauvaise nouvelle... Néanmoins, je retiens aussi que les données les plus récentes (fournies par le second tableau de l'article) témoigneraient d'une remontée récente de la production par personne d'énergie primaire provenant de combustibles fossiles (n'oublions pas que ceci inclut autant le charbon que le gaz naturel) ou de toutes les sources. Au point où le niveau enregistré en 2005 pour la production (et la consommation) de combustibles fossiles aurait dépassé le niveau enregistré à la fin des années 1970.
C'est ce qu'on voit dans la figure ci-dessus qui compare la production d'énergie par personne de 1950 à 2005 (mesurée en millions de BTU), selon qu'on tient compte de l'énergie tirée des combustibles fossiles ou de l'énergie tirée de toutes les sources disponibles. Le total pour 2005 dépasse pour la première fois le total pour 1980 (par personne, je le souligne encore), ce qui est à la fois un signe et une confirmation de l'enrichissement d'une partie de la population planétaire entre 2000 et 2005. En même temps, ce diagramme montre clairement que les autres sources d'énergie ont pris de plus en plus d'importance depuis 1970, même si l'essentiel du saut était en bonne voie dès 1980 comme on le voit dans cette seconde figure qui illustre la quantité d'énergie par personne provenant de sources autres que les combustibles fossiles.
Néanmoins, une augmentation lente et continue s'observe par la suite, même si on enregistre un recul entre 2000 et 2005 de la part de l'ensemble de la production énergétique représentée par les autres énergies. Il faudra pourtant que les deux tendances repartent à la hausse puisque la production de combustibles fossiles est condamnée à plafonner, selon Nehring. (En cela, il contredit l'optimisme de Leonardo Maugeri qui signait un article dans le Scientific American d'octobre dernier prédisant une augmentation de 40% de la capacité de récupération du pétrole souterrain.) Et un plateau de la production des combustibles fossiles correspondrait à un déclin de la production par personne, tant que la population du monde continuera à augmenter...
Ceci induirait un maximum correspondant dans les émissions de certains gaz à effet de serre, comme quoi ce n'est pas nécessairement une mauvaise nouvelle... Néanmoins, je retiens aussi que les données les plus récentes (fournies par le second tableau de l'article) témoigneraient d'une remontée récente de la production par personne d'énergie primaire provenant de combustibles fossiles (n'oublions pas que ceci inclut autant le charbon que le gaz naturel) ou de toutes les sources. Au point où le niveau enregistré en 2005 pour la production (et la consommation) de combustibles fossiles aurait dépassé le niveau enregistré à la fin des années 1970.
C'est ce qu'on voit dans la figure ci-dessus qui compare la production d'énergie par personne de 1950 à 2005 (mesurée en millions de BTU), selon qu'on tient compte de l'énergie tirée des combustibles fossiles ou de l'énergie tirée de toutes les sources disponibles. Le total pour 2005 dépasse pour la première fois le total pour 1980 (par personne, je le souligne encore), ce qui est à la fois un signe et une confirmation de l'enrichissement d'une partie de la population planétaire entre 2000 et 2005. En même temps, ce diagramme montre clairement que les autres sources d'énergie ont pris de plus en plus d'importance depuis 1970, même si l'essentiel du saut était en bonne voie dès 1980 comme on le voit dans cette seconde figure qui illustre la quantité d'énergie par personne provenant de sources autres que les combustibles fossiles.
Néanmoins, une augmentation lente et continue s'observe par la suite, même si on enregistre un recul entre 2000 et 2005 de la part de l'ensemble de la production énergétique représentée par les autres énergies. Il faudra pourtant que les deux tendances repartent à la hausse puisque la production de combustibles fossiles est condamnée à plafonner, selon Nehring. (En cela, il contredit l'optimisme de Leonardo Maugeri qui signait un article dans le Scientific American d'octobre dernier prédisant une augmentation de 40% de la capacité de récupération du pétrole souterrain.) Et un plateau de la production des combustibles fossiles correspondrait à un déclin de la production par personne, tant que la population du monde continuera à augmenter...2009-11-12
La parole aux chimpanzés?
Hier, un article paru dans le New York Times relatait deux expériences tentées avec le gène FOXP2, qui serait étroitement associé au don de la parole chez les humains. (La version humaine serait identique à 99,7% à celle que l'on retrouve chez les chimpanzés, et pourtant cette infime différence suffit à permettre aux humains de parler.) La première expérience avait consisté en la création d'une souris transgénique dotée de la version humaine du gène : la souris en cause produisait des couinements un peu différents et les structures de son cerveau étaient également altérées. La seconde expérience avait consisté en la création de neurones transgéniques, d'origine humaine à l'exception du gène FOXP2 qui, lui, avait été pris au génome des chimpanzés. Le gène simien aurait démontré une grande influence sur l'activité de plusieurs autres gènes, plus grande même que ce qui est observé avec le gène humain. Les conclusions restent embryonnaires, mais il est clair que les conséquences de l'altération d'un gène aussi actif ont plus de chances d'être majeures que si le gène était moins influent.
En attendant d'en savoir plus, on ne peut que se demander ce que donnerait la naissance d'un chimpanzé transgénique doté de la version humaine du gène FOXP2...
En attendant d'en savoir plus, on ne peut que se demander ce que donnerait la naissance d'un chimpanzé transgénique doté de la version humaine du gène FOXP2...
Libellés : Cognition, Sciences
2009-11-09
Futurs transports montréalais
La sortie du Programme triennal d'immobilisations de l'Agence métropolitaine de transport de la région de Montréal permet d'envisager une refonte rationnelle des réseaux de transports sur l'île de Montréal. Actuellement, par exemple, le train de banlieue qui part de Saint-Jérôme doit faire un grand détour par l'ouest avant d'arriver au centre-ville de Montréal (comme on le voit sur cette carte). Or, il croise la ligne qui part de la station Deux-Montagnes et s'enfonce sous le mont Royal pour arriver directement au centre-ville. Un des projets à l'étude, c'est donc de permettre aux rames de la ligne de Saint-Jérôme d'emprunter la ligne qui passe sous la montagne.
Comme il est également question de faire passer par le tunnel la future ligne en provenance de Mascouche et Terrebonne, on aurait donc à terme trois lignes de trains de banlieue qui emprunteraient ce tunnel vieux de près de 90 ans. Pour les amateurs de rétro-futurisme, notons que ce serait l'occasion de profiter d'un autre choix technique visionnaire.
Cela fait longtemps que j'avais remarqué sur la carte du réseau du métro de Montréal que le tunnel du CN passe sous la station Édouard-Montpetit. De fait, ce n'est pas un hasard. Au début des années soixante-dix, les concepteurs du métro avaient envisagé la création d'une troisième ligne de métro qui serait partie du centre-ville, aurait emprunté le tunnel et aurait desservi le nord de l'île. L'implantation de la station Édouard-Montpetit (d'abord appelée Vincent-d'Indy) a été planifiée pour assurer une interconnexion potentielle entre la ligne bleue et cette ligne hypothétique. On avait prévu des ascenseurs à haute vitesse pour relier la station de métro à une station 50 mètres plus bas, mais le coût a entraîné le report du projet aux calendes grecques.
Maintenant que le tunnel hébergera non pas un métro mais trois trains de banlieue, il semble qu'on se préparerait à rouvrir les cartons pour faire de la station Édouard-Montpetit la sixième station intermodale du réseau du métro.
Sûrement que les étudiants et profs de l'Université de Montréal ne s'en plaindront pas... Et c'est tout le versant nord du mont Royal qui en profiterait.
Comme il est également question de faire passer par le tunnel la future ligne en provenance de Mascouche et Terrebonne, on aurait donc à terme trois lignes de trains de banlieue qui emprunteraient ce tunnel vieux de près de 90 ans. Pour les amateurs de rétro-futurisme, notons que ce serait l'occasion de profiter d'un autre choix technique visionnaire.
Cela fait longtemps que j'avais remarqué sur la carte du réseau du métro de Montréal que le tunnel du CN passe sous la station Édouard-Montpetit. De fait, ce n'est pas un hasard. Au début des années soixante-dix, les concepteurs du métro avaient envisagé la création d'une troisième ligne de métro qui serait partie du centre-ville, aurait emprunté le tunnel et aurait desservi le nord de l'île. L'implantation de la station Édouard-Montpetit (d'abord appelée Vincent-d'Indy) a été planifiée pour assurer une interconnexion potentielle entre la ligne bleue et cette ligne hypothétique. On avait prévu des ascenseurs à haute vitesse pour relier la station de métro à une station 50 mètres plus bas, mais le coût a entraîné le report du projet aux calendes grecques.
Maintenant que le tunnel hébergera non pas un métro mais trois trains de banlieue, il semble qu'on se préparerait à rouvrir les cartons pour faire de la station Édouard-Montpetit la sixième station intermodale du réseau du métro.
Sûrement que les étudiants et profs de l'Université de Montréal ne s'en plaindront pas... Et c'est tout le versant nord du mont Royal qui en profiterait.
Libellés : Futurisme, Montréal, Technologie
2009-11-08
Le fantôme de Lénine
Finalement vu Good Bye, Lenin!, grand succès cinématographique de l'année 2003 et film de l'heure vingt ans après la chute du Mur de Berlin... Même si le film a souvent été présenté comme une comédie, ses éléments drolatiques n'allègent pas entièrement ce qui est vécu comme un drame par les personnages, soit pour des raisons personnelles soit pour des raisons professionnelles. Au cœur de la narration, il y a cette famille écartelée entre l'Est et l'Ouest, que le fils, Alex, va tenter de sauvegarder en luttant pour préserver sa mère malade, tombée dans le coma avant la chute de l'Allemagne de l'Est, du choc que provoquerait la révélation de la vérité après son réveil. Mais les efforts d'Alex pour reconstituer au moins une pièce d'un appartement où l'Allemagne de l'Est existe encore sont aussi touchants que comiques.
Même si le cinéaste a nié toute dimension allégorique, il est difficile de ne pas voir dans cette famille un symbole de la collectivité allemande : le père est passé à l'ouest, un geste d'autorité mâle et radical, qui fait de l'Allemagne de l'Ouest littéralement le Vaterland; la mère Christiane a choisi de rester à l'est et de s'investir à fond dans un système non seulement tyrannique mais plus qu'un brin maternant, au point d'être récompensée par ce régime communiste qui entend retenir ses enfants au nid... Mais les enfants qui se croyaient abandonnés par leur père vont se rendre compte que leur mère n'était pas parfaite non plus.
C'est moins un exercice de nostalgie que le récit d'une déception qu'Alex tente de mitiger en inventant petit à petit une uchronie où c'est l'Allemagne de l'Est qui absorbera l'Allemagne de l'Ouest tout en se démocratisant. Sa mère, en fin de compte, n'est pas dupe, mais elle se laisse aussi bercer par ce rêve. Le film donne un aperçu de la vie en RDA : police secrète et surveillance omniprésente, organisation de la jeunesse, contrôle institutionnel des dissidents mais aussi des plus fervents idéalistes (comme Christiane elle-même), pauvreté de la culture matérielle, orientation scientifique, réclamations citoyennes... En 2003, dans le contexte d'un Occident en guerre et d'une Europe presque unifiée, se souvenir de la RDA avec un certain attendrissement n'engageait à rien. Aujourd'hui, dans un contexte de crise économique et de raidissement des droites idéologiques, la nostalgie du communisme retrouve une certaine portée et pourrait rouvrir quelques débats qu'on a voulu croire clos à jamais. Mais si c'est le cas, je veux bien parier que ce ne sont pas les héritiers actuels du communisme en Europe qui offriront le contre-discours le plus convaincant...
Même si le cinéaste a nié toute dimension allégorique, il est difficile de ne pas voir dans cette famille un symbole de la collectivité allemande : le père est passé à l'ouest, un geste d'autorité mâle et radical, qui fait de l'Allemagne de l'Ouest littéralement le Vaterland; la mère Christiane a choisi de rester à l'est et de s'investir à fond dans un système non seulement tyrannique mais plus qu'un brin maternant, au point d'être récompensée par ce régime communiste qui entend retenir ses enfants au nid... Mais les enfants qui se croyaient abandonnés par leur père vont se rendre compte que leur mère n'était pas parfaite non plus.
C'est moins un exercice de nostalgie que le récit d'une déception qu'Alex tente de mitiger en inventant petit à petit une uchronie où c'est l'Allemagne de l'Est qui absorbera l'Allemagne de l'Ouest tout en se démocratisant. Sa mère, en fin de compte, n'est pas dupe, mais elle se laisse aussi bercer par ce rêve. Le film donne un aperçu de la vie en RDA : police secrète et surveillance omniprésente, organisation de la jeunesse, contrôle institutionnel des dissidents mais aussi des plus fervents idéalistes (comme Christiane elle-même), pauvreté de la culture matérielle, orientation scientifique, réclamations citoyennes... En 2003, dans le contexte d'un Occident en guerre et d'une Europe presque unifiée, se souvenir de la RDA avec un certain attendrissement n'engageait à rien. Aujourd'hui, dans un contexte de crise économique et de raidissement des droites idéologiques, la nostalgie du communisme retrouve une certaine portée et pourrait rouvrir quelques débats qu'on a voulu croire clos à jamais. Mais si c'est le cas, je veux bien parier que ce ne sont pas les héritiers actuels du communisme en Europe qui offriront le contre-discours le plus convaincant...
Libellés : Allemagne, Films, Histoire
2009-11-01
Remplacements
L'appréciation du film Surrogates (Clones en français) dépend beaucoup des attentes initiales. Je m'attendais au pire : un film quasi incohérent, grevé d'idioties tant au niveau de la création de monde que du scénario... En définitive, si on juge le film pour ce qu'il est et non pour ce qu'il aimerait qu'il soit, il se laisse regarder.
En deux mots, dans une demi-douzaine d'années, une proportion importante de la population du monde (98% selon un reportage en exergue, un milliard de personnes selon un autre passage du film) vit désormais par procuration en s'incarnant par télé-présence dans des corps de remplacement robotisés, forcément beaux et jeunes. La plupart de ces personnes ne quittent plus guère leurs domiciles. Une tentative d'assassinat de l'inventeur de ces pseudo-corps va entraîner la mort de son fils et pousser l'inventeur à tenter de détruire toute la population branchée de la planète pour faire place nette. Un enquêteur du FBI (joué par Bruce Willis) tente de comprendre ce qui se passe et finit par avoir le sort de tous les corps de remplacements entre les mains. Comme il pleure d'une part la mort d'un fils tué par un accident meurtrier dans le monde extérieur et qu'il regrette d'autre part de ne plus voir sa femme, qui ne sort de sa chambre que sous forme robotisée, il pourrait incliner dans un sens ou dans l'autre...
Cet univers futuriste n'a pas grand-chose de futuriste, hormis les corps robotisés. Manque d'imagination de la part des auteurs ou façon pour eux de forcer le trait pour souligner la parabole?
Certes, la leçon est assénée avec toute la subtilité d'un marteau-pilon hydraulique, mais elle a des antécédents vénérables (que l'on songe à « The Machine Stops » d'E. M. Forster, il y a exactement... cent ans!) et je ne trouve rien de rédhibitoire à une remise au goût du jour. Surtout s'il est bien compris qu'il s'agit d'une fable. (Dans La possibilité d'une île, la possibilité d'une redite n'a pas fait reculer Michel Houellebecq, en tout cas.) L'application au monde présent est d'ailleurs suffisamment évidente pour que j'aie entendu un autre spectateur dans la salle conclure à la fin du film que c'était une condamnation de la vie par procuration des internautes.
Et sur le chemin du retour, dans les rues de Montréal par un soir d'Halloween, j'ai noté une absence. La nuit était tombée, mais il n'était pas tard. Pourtant, pas un seul petit monstre ou revenant dans les rues. Or, je traversais des quartiers résidentiels, qui auraient été sillonnés autrefois par des petits groupes d'enfants déguisés pour réclamer des bonbons. Étaient-ils restés à la maison pour regarder des films de peur? Ou leurs parents les avaient-ils tous conduits dans des fêtes de groupe?
Ne vivons-nous pas déjà l'époque de la substitution d'une réalité à une autre? Au lieu de vivre dans le monde de la chair incarnée, on préfère de plus en plus les intermédiaires virtuels (comme ce blogue!), les avatars (comme dans Second Life), les expériences partagées à demi virtuelles (visionnements de films ou de séries télévisées — sur DVD de plus en plus souvent, ce qui distancie aussi) et les rassemblements collectifs (au moins depuis Woodstock) qui sont d'autant plus légitimes que tout le monde dit qu'il faut en être...
Le film opte en fin de compte pour la franchise brutale d'une expérience directe de la réalité. On comprend pourquoi le personnage de Bruce Willis fait ce choix, mais on comprend moins pourquoi on devrait être d'accord. On passe d'un extrême à l'autre et des questions sont éludées par ce dénouement. Quid des personnes handicapées à qui ces corps de remplacement étaient originellement destinés? Et n'y aurait-il pas des avantages réels à disposer de corps de remplacement pour les boulots dangereux (comme celui de soldat ou de policier) ou tout simplement pénibles (travail à la chaîne, etc.)?
Bref, si le film est plutôt conventionnel, il se distingue des simples exercices obligés (comme 9) en offrant une vraie chair sous la surface plus ou moins stéréotypée — ce qui est tout l'inverse des remplaçants mécaniques du film, dont la chair cachait les mécanismes. Comme quoi Surrogates est en soi un argument en faveur de sa propre thèse...
En deux mots, dans une demi-douzaine d'années, une proportion importante de la population du monde (98% selon un reportage en exergue, un milliard de personnes selon un autre passage du film) vit désormais par procuration en s'incarnant par télé-présence dans des corps de remplacement robotisés, forcément beaux et jeunes. La plupart de ces personnes ne quittent plus guère leurs domiciles. Une tentative d'assassinat de l'inventeur de ces pseudo-corps va entraîner la mort de son fils et pousser l'inventeur à tenter de détruire toute la population branchée de la planète pour faire place nette. Un enquêteur du FBI (joué par Bruce Willis) tente de comprendre ce qui se passe et finit par avoir le sort de tous les corps de remplacements entre les mains. Comme il pleure d'une part la mort d'un fils tué par un accident meurtrier dans le monde extérieur et qu'il regrette d'autre part de ne plus voir sa femme, qui ne sort de sa chambre que sous forme robotisée, il pourrait incliner dans un sens ou dans l'autre...
Cet univers futuriste n'a pas grand-chose de futuriste, hormis les corps robotisés. Manque d'imagination de la part des auteurs ou façon pour eux de forcer le trait pour souligner la parabole?
Certes, la leçon est assénée avec toute la subtilité d'un marteau-pilon hydraulique, mais elle a des antécédents vénérables (que l'on songe à « The Machine Stops » d'E. M. Forster, il y a exactement... cent ans!) et je ne trouve rien de rédhibitoire à une remise au goût du jour. Surtout s'il est bien compris qu'il s'agit d'une fable. (Dans La possibilité d'une île, la possibilité d'une redite n'a pas fait reculer Michel Houellebecq, en tout cas.) L'application au monde présent est d'ailleurs suffisamment évidente pour que j'aie entendu un autre spectateur dans la salle conclure à la fin du film que c'était une condamnation de la vie par procuration des internautes.
Et sur le chemin du retour, dans les rues de Montréal par un soir d'Halloween, j'ai noté une absence. La nuit était tombée, mais il n'était pas tard. Pourtant, pas un seul petit monstre ou revenant dans les rues. Or, je traversais des quartiers résidentiels, qui auraient été sillonnés autrefois par des petits groupes d'enfants déguisés pour réclamer des bonbons. Étaient-ils restés à la maison pour regarder des films de peur? Ou leurs parents les avaient-ils tous conduits dans des fêtes de groupe?
Ne vivons-nous pas déjà l'époque de la substitution d'une réalité à une autre? Au lieu de vivre dans le monde de la chair incarnée, on préfère de plus en plus les intermédiaires virtuels (comme ce blogue!), les avatars (comme dans Second Life), les expériences partagées à demi virtuelles (visionnements de films ou de séries télévisées — sur DVD de plus en plus souvent, ce qui distancie aussi) et les rassemblements collectifs (au moins depuis Woodstock) qui sont d'autant plus légitimes que tout le monde dit qu'il faut en être...
Le film opte en fin de compte pour la franchise brutale d'une expérience directe de la réalité. On comprend pourquoi le personnage de Bruce Willis fait ce choix, mais on comprend moins pourquoi on devrait être d'accord. On passe d'un extrême à l'autre et des questions sont éludées par ce dénouement. Quid des personnes handicapées à qui ces corps de remplacement étaient originellement destinés? Et n'y aurait-il pas des avantages réels à disposer de corps de remplacement pour les boulots dangereux (comme celui de soldat ou de policier) ou tout simplement pénibles (travail à la chaîne, etc.)?
Bref, si le film est plutôt conventionnel, il se distingue des simples exercices obligés (comme 9) en offrant une vraie chair sous la surface plus ou moins stéréotypée — ce qui est tout l'inverse des remplaçants mécaniques du film, dont la chair cachait les mécanismes. Comme quoi Surrogates est en soi un argument en faveur de sa propre thèse...
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