2008-05-26
Promenade à Griffintown
Le projet Griffintown fait beaucoup jaser, et il a poussé L'Esprit Vagabond à nous offrir plusieurs photos du quartier actuel, ainsi que des photos prises en 2004 par Daniel
Sernine. Comme je me suis accordé un congé hier, j'en ai profité pour me promener après un brunch généreux avec une amie sur Monkland. J'ai commencé par me rendre jusqu'aux restes du fort des Sulpiciens qui font maintenant partie du Grand Séminaire. Il s'agit de deux tours en pierre qui remontent à 1685 environ, selon ce rapport, quand le Sulpicien François Vachon de Belmont avait commandé la fortification d'une mission déjà dotée de résidences pour les Amérindiens, d'une chapelle en bois, d'un cimetière, d'une vigne et d'une fontaine, pour faire face à une reprise des hostilités franco-iroquoises. Les deux tours du côté sud ont survécu; elles servaient aux sœurs de la Congrégation à la fois comme résidence et comme local d'enseignement (utilisé entre autres par Marguerite Bourgeoys). Le Séminaire de Saint-Sulpice héritera des restes de la mission en 1696. Bref, ces deux tours sont parmi les plus anciens vestiges du Régime français à Montréal et elles mettent une petite touche propre à la campagne française dans le décor urbain du Montréal actuel.
En poursuivant vers l'ouest, j'ai profité de la journée des musées de Montréal pour visiter d'abord l'église St. Andrew and St. Paul, le résultat de la fusion
en 1918 de deux paroisses remontant respectivement à 1803 et 1832. Toutefois, l'église actuelle ne date que de 1931, de sorte que l'édifice néogothique incorpore des touches nettement modernes même s'il est aussi rattaché au passé par son rôle de sanctuaire officiel du régiment d'origine écossaise des Black Watch au Canada. Des drapeaux régimentaires pendent des murs et le principal vitrail du chœur est consacré à la mémoire de Bartlett McLennan ainsi que des officiers et soldats du 42e bataillon morts durant la guerre. L'amorce de la nef conserve deux vitraux dignes d'attention, car ils ont été produits par la maison William Morris d'après des cartons de l'artiste préraphaélite Sir Edward Burne-Jones. De fait, la combinaison du hiératisme des personnages et du respect des conventions distinguent ces deux vitraux des autres dans l'église, qui trahissent l'influence de l'art contemporain et se veulent en général plus modernes. Le vitrail à gauche est consacré à la mémoire d'Andrew Allan, né en 1822, le quatrième fils d'Alexander Allan (1780-1854) qui avait fondé une compagnie de navigation entre le Bas-Canada et l'Écosse en 1819. Andrew Allan avait fondé avec son frère aîné Hugh Allan la Montreal (Ocean) Steamship Company en 1854, profitant des creusements
répétés du chenal du Saint-Laurent qui permettait au port de Montréal d'accueillir des navires océaniques. (Au début, les navires de la compagnie aboutissaient l'hiver dans le port de Portland, au Maine, qui était relié par chemin de fer à Montréal quand les glaces bloquaient le passage sur le Saint-Laurent.) La compagnie, communément appelée la Allan Line, allait profiter d'un contrat gouvernemental pour le transport du courrier et opérer de nombreux voiliers et vapeurs jusqu'en 1915, quand elle fusionne avec la compagnie de navigation de la Canadian Pacific. D'ailleurs, le brigantin Jean du patriarche Alexander Allan est reproduit sur les grilles qui séparent le chœur du nef de l'église. Andrew Allan est mort en 1901 et n'a donc pas vu la cession de l'entreprise familiale. Mais la famille Allan avait été mêlée de près à la création du Canadien Pacifique, car Sir Hugh avait cherché à concurrencer le monopole canadien du Grand Tronc en investissant dans la voie ferrée qui relierait Montréal à l'océan Pacifique, au besoin en soudoyant les Conservateurs au pouvoir, ce qui est resté dans les mémoires comme le scandale du Pacifique qui entraîna la chute de John A. Macdonald. Le vitrail à droite est consacré à la mémoire d'Isabella Anne Smith, qu'Andrew Allan avait épousé en 1846, ce qui fait presque de l'église une chapelle familiale.
En sortant, j'ai croisé Grimmwire tout à fait par hasard et nous avons visité ensemble l'exposition « ¡Cuba! Art et histoire de 1868 à nos jours », dont L'Esprit Vagabond a déjà parlé.
Je n'ai pas pris de photos dans les locaux de l'exposition, puisque c'était interdit, mais en débutant ma descente vers Griffintown, j'ai commencé par prendre la photo ci-dessus d'un garage sur René-Lévesque; comme c'était dimanche, le garage était désert et donne comme un avant-goût des ruines urbaines de Montréal. À quelques pas, il y a d'ailleurs l'ancienne résidence de Louis-Hippolyte La Fontaine, qu'une association veut transformer en musée de l'histoire constitutionnelle du Canada. Mais comme le propriétaire refuse de coopérer et que les gouvernements refusent d'intervenir, la demeure tombe en ruine. Elle a servi de squat à des militants pour le logement abordable et elle est sans doute encore visitée régulièrement. Mais on peut voir par les fenêtres que le toit ouvre sur le ciel... Si la façade latérale n'a pas l'air de grand-chose, révélant que la belle façade de pierre devant est factice, celle-ci reste impressionnante et, face à la porte condamnée (au cadre balafré d'une signature baroque, « Legion of Dynamic Discord »), on se prend à songer aux émeutiers qui vinrent tempêter par deux fois sur ce seuil.
Quant au projet du village Griffintown, il n'est pas aussi envahissant qu'on pourrait le croire. Ainsi, je n'ai pas trouvé l'ancienne brasserie Dow sur mon chemin, malgré tout son intérêt pour
l'explorateur urbain, puisque le projet est borné au nord par la rue Ottawa. Et je ne me suis pas non plus rendu jusqu'aux écuries de la rue Basin des calèches du Vieux-Montréal puisque le projet est borné à l'ouest par la rue du Séminaire. Le quartier que j'ai quadrillé comporte moins de résidences ou d'édifices historiques que d'édifices commerciaux et d'entrepôts. Doit-on dépenser autant d'énergie pour conserver des hangars surdimensionnés comme celui dont on voit l'arrière ci-contre, quand des édifices véritablement historiques comme la maison de Louis-Hippolyte La Fontaine tombent dans l'oubli? Certes, le quartier compte de belles pièces, comme l'immeuble triangulaire ci-dessous qui se dresse au coin des rues du Séminaire et de la Montagne (toujours au nord du projet de redéveloppement, et donc hors d'atteinte), mais il compte aussi des friches, des terrains de stationnement et de véritables ruines.
En revanche, le projet Griffintown conserverait le parc du Faubourg-Sainte-Anne, un bel oasis de verdure qui conserve la base des murs de l'ancienne église jadis élevée en ce lieu. Je dois
avouer qu'il n'affecterait pas non plus le terrain vague que l'on trouve au coin des rues Murray et William, à droite. Sans doute qu'il y aurait de quoi créer un square public à cet endroit, mais il ne deviendrait fréquenté que si la population et l'achalandage de tout le quartier augmentaient. C'est l'avantage que je trouve au projet Griffintown. Dans la dernière version (.DOC) annoncée sur le site, il est question de 3 860 résidences, dont une part de logements abordables, en partie dans le secteur résidentiel à établir entre le parc Sainte-Anne et la rue du Séminaire. On parle de cinq à huit mille personnes de plus... Comme j'ai parcouru un quartier qui, par un dimanche en fin d'après-midi, semblait désespérément désert, j'ai du mal à rejeter d'emblée un projet qui augmenterait la population au centre-ville de Montréal, à
des distances qui se marchent sans mal ou qui seraient franchies au moyen d'un tramway. Alors qu'on s'inquiète de l'étalement urbain, du développement des banlieues lointaines forcément dominées par les déplacements en automobile et de l'attirance exercée par le Quartier Dix30, n'aurait-on pas intérêt à privilégier une densification d'un quartier à deux pas du centre-ville? En plus, on faciliterait l'accès à un patrimoine urbain (le canal Lachine et ses environs) qui est difficilement accessible par les transports en commun actuellement... Est-ce tellement plus écologique de consacrer ces terrains à du stationnement et des hangars pour les autobus, entre un bel échantillon d'architecture municipale à droite (on notera le blason arborant la devise « Concordia Salus ») et une ruine au bord du canal Lachine, ci-dessous?
Plusieurs édifices patrimoniaux, comme le poste de pompiers numéro 3 sur la rue Ottawa, seraient épargnés. Ce qu'on reproche au projet Griffintown, c'est de bâtir si grand que les
nouveaux édifices écraseraient l'ancien tissu urbain avoisinant. Il est vrai que des tours de plus de dix étages plongeraient dans l'ombre cet ancien poste, malgré sa tour de guet. Il est vrai aussi que les écuries de Léo Léonard (le Griffintown Horse Palace) au sud de la rue Ottawa disparaîtraient, mais ce ne sont pas les seules écuries du quartier (ou de Montréal). Peut-être serait-il temps d'en construire de plus modernes... Certains signataires de la pétition pour sauver ces écuries soutiennent que Griffintown n'est pas abandonnée ou oubliée, que des fils et des filles du quartier reviennent régulièrement pour se souvenir de ce qui a disparu. Mais le fait est qu'ils sont partis. Ils ont choisi de ne pas habiter dans le quartier. Dans ce cas-ci comme dans d'autres, les absents ont tort.
Quant aux calèches, on les croise nettement plus à l'ouest (ou au sud) du projet Griffintown... par exemple, dans ces deux photos, au coin des rues William et Ottawa, sans doute en chemin pour les écuries des Calèches Lucky Luc, à moins que ce ne soit pour l'Écurie de Montréal de l'autre côté du canal.
Bref, dans un paysage urbain dominé localement par des silos qui restent encore à réhabiliter, on peut se demander si la création du projet Griffintown serait une telle catastrophe. C'est le point
de vue adopté par Yves Boisvert de La Presse. Et même si un bon ami de Grimmwire fait partie des militants qui défendent Griffintown, je crois qu'il y a des batailles plus méritoires à mener à Montréal. Je serais plutôt partisan de protéger la montagne qu'un quartier dont il ne reste plus que des vestiges épars. Dans mes voyages, j'ai visité plusieurs quartiers nouveaux créés au bord de l'eau, que ce soit à Strasbourg, à Toronto (Harbourfront) ou à Vancouver (Granville Island). Tout n'a pas toujours marché à la perfection, mais on aura du mal à me convaincre que le projet Griffintown doit être sacrifié aux intérêts de la poignée d'habitants du quartier actuel, et des rues environnantes. Il suffit de s'éloigner de quelques rues pour trouver des édifices plus valables, comme cette ancienne succursale de la Banque de Montréal édifiée en 1894 sur Notre-Dame.
Et, dans le genre ultra-urbain, je trouve plus intéressant à la limite les dessous de l'Autoroute Ville-Marie...
En poursuivant vers l'ouest, j'ai profité de la journée des musées de Montréal pour visiter d'abord l'église St. Andrew and St. Paul, le résultat de la fusion
Libellés : Histoire, Montréal, Photographie
2008-05-23
Tourner en rond, ou non
Le dernier Indiana Jones boucle la boucle, et de plus d'une façon. Lucas et Spielberg ont saupoudré le film d'allusions visuelles (le logo de la Paramount s'effrite au début et à la fin du film) et de rappels de films précédents. Cette dernière aventure du héros vieillissant m'a rappelé cet album de Tintin qui avait longtemps été le dernier qui apparaissait sur les couvertures arrière des autres albums, Vol 714 pour Sydney. On retrouve la même convocation de personnages du passé et le mouvement circulaire d'une soucoupe volante illustre parfaitement le tournoiement de la narration qui revient sans cesse du passé au présent, et vice-versa. Il y a comme un désir de transcendance, qu'il soit symbolisé par des extraterrestres ou des visiteurs d'une autre dimension, mais les mortels n'ont pas le droit de voir ce qui les dépasse. Tout comme dans le premier film, les yeux ne peuvent pas le supporter (fantasme de cinéastes?) et les globes oculaires se désintègrent. Il y a des connaissances réservées aux seuls dieux... Le message est plus pessimiste que dans Close Encounters of the Third Kind, et il justifierait les accusations de conservatisme portées à l'endroit de Lucas par plusieurs auteurs de sf déjà rebutés par le néo-féodalisme et le providentialisme messianique de Star Wars.
Le film lui-même m'a semblé s'essouffler dans sa seconde partie, quand il aboutit dans la jungle trop familière d'innombrables récits d'aventures. La première partie du film jouait beaucoup plus habilement avec les clichés, avec l'âge du professeur Jones et avec des éléments de la culture de l'année 1957. Même la tombe péruvienne avait plus d'atmosphère que les ruines d'Akakor en Amazonie, que le film assimile à celles du royaume d'El Dorado. Dans la jungle, ce sont des périls éculés (sables mouvants, fourmis, chutes d'eau) qui ponctuent les poursuites et les bagarres. Et la cité précolombienne dont l'entrée se cache derrière une chute d'eau rappelle, tiens, encore Tintin et son Temple du Soleil... Bref, ce dernier Indiana Jones récapitule tout un pan de la culture du vingtième siècle, jusque dans ses excentricités (soucoupistes) les plus discutables, avec le détachement rendu possible par sa production au vingt-et-unième siècle.
Pour l'instant, on ne peut que rêver à ce que le vingt-deuxième siècle retiendra de la culture du vingt-et-unième...
Le film lui-même m'a semblé s'essouffler dans sa seconde partie, quand il aboutit dans la jungle trop familière d'innombrables récits d'aventures. La première partie du film jouait beaucoup plus habilement avec les clichés, avec l'âge du professeur Jones et avec des éléments de la culture de l'année 1957. Même la tombe péruvienne avait plus d'atmosphère que les ruines d'Akakor en Amazonie, que le film assimile à celles du royaume d'El Dorado. Dans la jungle, ce sont des périls éculés (sables mouvants, fourmis, chutes d'eau) qui ponctuent les poursuites et les bagarres. Et la cité précolombienne dont l'entrée se cache derrière une chute d'eau rappelle, tiens, encore Tintin et son Temple du Soleil... Bref, ce dernier Indiana Jones récapitule tout un pan de la culture du vingtième siècle, jusque dans ses excentricités (soucoupistes) les plus discutables, avec le détachement rendu possible par sa production au vingt-et-unième siècle.
Pour l'instant, on ne peut que rêver à ce que le vingt-deuxième siècle retiendra de la culture du vingt-et-unième...
Libellés : Films, Science-fiction
2008-05-22
Le gin, le whiskey, la télévision...
Dans un billet assez optimiste, Clay Shirky (le théoricien d'internet et l'auteur de Here Comes Everybody) compare la télévision à d'autres sources d'abrutissement dans l'histoire de nos sociétés industrielles — des sources auxquelles nos ancêtres ont finalement réussi à s'échapper.
Dans l'Angleterre du dix-huitième siècle, l'humble comptoir qui vendait du gin au verre aux pauvres était omniprésent et Hogarth, par exemple, a dépeint les maux causés par l'obsession du gin à rabais. (Si le whiskey est un alcool de grain, le gin en est un aussi, mais assaisonné d'un peu de genièvre ou de quelques autres herbes aromatiques pour lui donner un goût propre.) Selon Shirky, il a fallu qu'on se détourne du gin pris pour absorber le choc de l'urbanisation pour construire les institutions associées à la Révolution Industrielle. D'un point de vue historique, ce n'est pas entièrement convaincant : la folie du gin a pris fin au moment où débutait la Révolution industrielle... mais peut-être faudrait-il inclure cette rupture au nombre des conséquences de l'abandon du gin. Sauf que la coïncidence ne permet pas forcément d'attribuer les progrès de la Révolution industrielle à une cause particulière. L'appauvrissement des classes laborieuses ou l'enchérissement des biens d'importation pourraient également expliquer soit la baisse de popularité du gin soit le démarrage de la Révolution industrielle, en profitant d'une main-d'œuvre abondante et peu chère, ou en produisant des biens de substitution moins chers que les produits d'importation.
Pourtant, le raccourci est séduisant. L'urbanisation anglaise au début du XVIIIe s. aurait rapproché des masses de gens qui vivaient auparavant à part les uns des autres. Mais la promiscuité et le dépaysement auraient favorisé la consommation de gin, qui, dans ces conditions, agissait comme un stupéfiant. Une nouvelle génération émerge alors qui est habituée à la vie en ville et qui va profiter du brassage d'idées pour accoucher des innovations de la Révolution industrielle ou édifier de nouvelles institutions propres à favoriser la vie de l'esprit.
Shirky propose un parallèle entre ce décalage anglais et le décalage actuel. Les nouvelles technologies de l'information rapprochent des masses de gens qui menaient auparavant des existences distinctes, mais les exploitations premières (télévision, etc.) absorbent les loisirs des consommateurs stupéfiés et intoxiqués par l'abus d'images et d'intrigues. Une nouvelle génération émergerait cependant aujourd'hui qui est habituée à la circulation des informations et qui commence à accoucher de nouvelles institutions, comme Wikipedia. Est-ce bien le cas? Des phénomènes comme Facebook me semblent tout aussi intoxicants pour les jeunes générations. Mais il suffirait d'une fraction des temps libres absorbés par la télévision pour créer de nouvelles institutions de l'ère numérique.
Dans l'Angleterre du dix-huitième siècle, l'humble comptoir qui vendait du gin au verre aux pauvres était omniprésent et Hogarth, par exemple, a dépeint les maux causés par l'obsession du gin à rabais. (Si le whiskey est un alcool de grain, le gin en est un aussi, mais assaisonné d'un peu de genièvre ou de quelques autres herbes aromatiques pour lui donner un goût propre.) Selon Shirky, il a fallu qu'on se détourne du gin pris pour absorber le choc de l'urbanisation pour construire les institutions associées à la Révolution Industrielle. D'un point de vue historique, ce n'est pas entièrement convaincant : la folie du gin a pris fin au moment où débutait la Révolution industrielle... mais peut-être faudrait-il inclure cette rupture au nombre des conséquences de l'abandon du gin. Sauf que la coïncidence ne permet pas forcément d'attribuer les progrès de la Révolution industrielle à une cause particulière. L'appauvrissement des classes laborieuses ou l'enchérissement des biens d'importation pourraient également expliquer soit la baisse de popularité du gin soit le démarrage de la Révolution industrielle, en profitant d'une main-d'œuvre abondante et peu chère, ou en produisant des biens de substitution moins chers que les produits d'importation.
Pourtant, le raccourci est séduisant. L'urbanisation anglaise au début du XVIIIe s. aurait rapproché des masses de gens qui vivaient auparavant à part les uns des autres. Mais la promiscuité et le dépaysement auraient favorisé la consommation de gin, qui, dans ces conditions, agissait comme un stupéfiant. Une nouvelle génération émerge alors qui est habituée à la vie en ville et qui va profiter du brassage d'idées pour accoucher des innovations de la Révolution industrielle ou édifier de nouvelles institutions propres à favoriser la vie de l'esprit.
Shirky propose un parallèle entre ce décalage anglais et le décalage actuel. Les nouvelles technologies de l'information rapprochent des masses de gens qui menaient auparavant des existences distinctes, mais les exploitations premières (télévision, etc.) absorbent les loisirs des consommateurs stupéfiés et intoxiqués par l'abus d'images et d'intrigues. Une nouvelle génération émergerait cependant aujourd'hui qui est habituée à la circulation des informations et qui commence à accoucher de nouvelles institutions, comme Wikipedia. Est-ce bien le cas? Des phénomènes comme Facebook me semblent tout aussi intoxicants pour les jeunes générations. Mais il suffirait d'une fraction des temps libres absorbés par la télévision pour créer de nouvelles institutions de l'ère numérique.
2008-05-21
Prince Caspian
J'ai vu le second film dans ce qui menace effectivement de devenir une série aussi durable que celle des aventures de Harry Potter, mais je suis franchement incapable de livrer une véritable critique cinématographique de Prince Caspian. L'univers de Narnia est pour mon imaginaire quelque chose d'assez fondamental, même si cela ne paraît pas nécessairement dans ma fiction, et je suis donc résolument partial.
Je soupçonne d'ailleurs que les critiques les plus durs pour le film n'ont pas lu le livre quand ils étaient jeunes ou n'ont pas été conquis par le roman de C. S. Lewis. Moi, j'ai retrouvé avec émotion les premiers moments du livre quand les enfants Pevensie redécouvrent Narnia et se rendent compte que le château en ruines qu'ils explorent est celui de Cair Paravel, où ils avaient régné en monarques pendant de longues années. Le reste du roman s'était plus ou moins effacé de ma mémoire, mais l'adaptation filmique m'a semblé avoir des mérites certains. Le roi Miraz, quoique parfaitement détestable, n'est pas une caricature et l'assaut risqué de son château par les forces de Narnia n'est pas une manœuvre suicidaire dans le genre de la charge de Faramir imaginée par Peter Jackson dans le troisième film du Lord of the Rings. L'échec du coup de main ordonné par Peter est le résultat d'une série de circonstances qu'il ne pouvait prévoir. Et l'ultime affrontement des forces du prince Caspian et du roi Miraz comporte au moins une trouvaille originale (était-elle dans le livre? il faudra que je vérifie) et des effets spéciaux particulièrement réussis. Plus précisément, le film parvient à rendre crédible des arbres en marche et une divinité fluviale de manière nettement plus convaincante que le premier ou le second film de Jackson.
Évidemment, on finit par se demander comment des entités aussi puissantes ont été vaincues auparavant, et le film soulève des questions gênantes quant à la géographie qui permet aux Narnians de s'en prendre au château de Miraz tandis que son armée est bloquée par une rivière qui ne semble pas ralentir les Narnians... Mais ce ne sont que des détails. Sans nécessairement innover, le film comble nos attentes en racontant une aventure qui fait bonne place au courage, à la persévérance et à la générosité, ce qui comprend le courage d'avouer ses erreurs. Les allégories chrétiennes sont réduites au minimum et les décors sont splendides. Bref, même si ce n'est pas un film qui fera date, il ne décevra pas, je crois, les fans de Narnia.
Je soupçonne d'ailleurs que les critiques les plus durs pour le film n'ont pas lu le livre quand ils étaient jeunes ou n'ont pas été conquis par le roman de C. S. Lewis. Moi, j'ai retrouvé avec émotion les premiers moments du livre quand les enfants Pevensie redécouvrent Narnia et se rendent compte que le château en ruines qu'ils explorent est celui de Cair Paravel, où ils avaient régné en monarques pendant de longues années. Le reste du roman s'était plus ou moins effacé de ma mémoire, mais l'adaptation filmique m'a semblé avoir des mérites certains. Le roi Miraz, quoique parfaitement détestable, n'est pas une caricature et l'assaut risqué de son château par les forces de Narnia n'est pas une manœuvre suicidaire dans le genre de la charge de Faramir imaginée par Peter Jackson dans le troisième film du Lord of the Rings. L'échec du coup de main ordonné par Peter est le résultat d'une série de circonstances qu'il ne pouvait prévoir. Et l'ultime affrontement des forces du prince Caspian et du roi Miraz comporte au moins une trouvaille originale (était-elle dans le livre? il faudra que je vérifie) et des effets spéciaux particulièrement réussis. Plus précisément, le film parvient à rendre crédible des arbres en marche et une divinité fluviale de manière nettement plus convaincante que le premier ou le second film de Jackson.
Évidemment, on finit par se demander comment des entités aussi puissantes ont été vaincues auparavant, et le film soulève des questions gênantes quant à la géographie qui permet aux Narnians de s'en prendre au château de Miraz tandis que son armée est bloquée par une rivière qui ne semble pas ralentir les Narnians... Mais ce ne sont que des détails. Sans nécessairement innover, le film comble nos attentes en racontant une aventure qui fait bonne place au courage, à la persévérance et à la générosité, ce qui comprend le courage d'avouer ses erreurs. Les allégories chrétiennes sont réduites au minimum et les décors sont splendides. Bref, même si ce n'est pas un film qui fera date, il ne décevra pas, je crois, les fans de Narnia.
2008-05-20
Les instincteurs d'Ottawa
Tiens, pour changer, une photo quasi « historique », prise à Ottawa il y a quelques années. Des deux côtés de l'Atlantique (si je me fie à Google), on emploie en français
le mot « instincteur » pour désigner soit un extincteur soit (plus rarement?) un pulvérisateur. Les dictionnaires semblent ignorer ce mot pourtant bien présent dans le français populaire. La preuve se retrouvait autrefois (je n'ai pas vérifié récemment) sur une porte dans une station d'autobus à Ottawa. On pouvait y lire « Chambre d'instincteurs », comme on le voit dans cette photo prise le 20 février 1993 par mon père. Cette inscription m'avait inspiré au début des années quatre-vingt-dix l'idée de la nouvelle publiée en 1992 sous le titre « Les instincteurs de cruauté ». Comme j'avais pris le mot « instincteur » pour un anglicisme ou une faute de traduction, j'avais eu envie de le prendre au pied de la lettre, pour un mot désignant des personnes chargées d'instiller ou d'implanter les instincts du combattant chez de jeunes clones. Et la nouvelle avait remporté le Prix Solaris en 1992! Mais sans cette porte, je ne l'aurais peut-être pas écrite. Comme quoi les voies de l'inspiration sont impénétrables...
le mot « instincteur » pour désigner soit un extincteur soit (plus rarement?) un pulvérisateur. Les dictionnaires semblent ignorer ce mot pourtant bien présent dans le français populaire. La preuve se retrouvait autrefois (je n'ai pas vérifié récemment) sur une porte dans une station d'autobus à Ottawa. On pouvait y lire « Chambre d'instincteurs », comme on le voit dans cette photo prise le 20 février 1993 par mon père. Cette inscription m'avait inspiré au début des années quatre-vingt-dix l'idée de la nouvelle publiée en 1992 sous le titre « Les instincteurs de cruauté ». Comme j'avais pris le mot « instincteur » pour un anglicisme ou une faute de traduction, j'avais eu envie de le prendre au pied de la lettre, pour un mot désignant des personnes chargées d'instiller ou d'implanter les instincts du combattant chez de jeunes clones. Et la nouvelle avait remporté le Prix Solaris en 1992! Mais sans cette porte, je ne l'aurais peut-être pas écrite. Comme quoi les voies de l'inspiration sont impénétrables...Libellés : Photographie, Science-fiction
2008-05-19
Quand la traduction ne suffit pas
Edward Willett est un écrivain canadien des plus actifs, qui a signé des ouvrages pour les jeunes et des ouvrages de vulgarisation pour le grand public sur de nombreux sujets. Dans une certaine
mesure, Lost in Translation (DAW, 2006) représentait pour lui une percée dans le monde de l'édition professionnelle de science-fiction aux États-Unis pour lecteurs adultes, même si je jurerais avoir entendu Ed parler en fin de semaine de ce roman comme d'un ouvrage pour jeunes lecteurs... Les critiques ont été parfois tièdes ou mitigées. De fait, en refermant le livre, je me suis demandé pourquoi j'étais plus soulagé que content de l'avoir terminé. Après tout, je l'avais lu d'une traite depuis son achat sur place à Winnipeg samedi — compte tenu de quelques interruptions mineures comme la remise des Prix Aurora ou mon retour en avion à Montréal. Si la première partie se borne à nous présenter les deux personnages principaux, Jarrikk et Kathryn, les péripéties s'enchaînent ensuite sans discontinuer et engendrent un suspense authentique. Jarrikk et Kathryn appartiennent à deux espèces intelligentes ennemies. Si la seconde est humaine, le premier est un S'sinn, membre d'une espèce carnivore et prédatrice. Ce qu'un long retour en arrière établit au début du roman, c'est que tous les deux ont souffert de la guerre qui a opposé les humains et les S'sinn. Kathryn a perdu ses parents et Jarrikk a perdu ses frères de chasse avant qu'une blessure le prive de toute possibilité de voler, l'acculant selon la tradition au suicide rituel... La Guilde des Traducteurs d'un Commonwealth interstellaire les a recueillis après la conclusion d'une paix imposée aux belligérents par les autres espèces au sein du Commonwealth, mais leurs loyautés vont être mises à rude épreuve par les menées de factions bellicistes tant chez les humains que chez les S'sinn.
Willett ne renouvelle pas le space-opéra. Les espèces, les planètes et les technologies mises en scène sont assez typées, voire stéréotypées (la colonie humaine qui rappelle beaucoup une petite ville du Midwest étatsunien, une espèce carnivore qui obéit à un code guerrier, etc.), de sorte que la vraisemblance n'est pas toujours au rendez-vous. La société des S'sinn pourrait-elle se passer de tous les individus qu'un accident (ou l'âge) empêche de voler? Et les différentes facultés empathiques ou télépathiques des personnages ne sont que moyennement convaincantes.
Mais le principal défaut du roman, c'est sans doute de rendre les protagonistes fort peu sympathiques. Je ne songe pas à Jarrikk et Kathryn, qui sont nobles, sages, courageux, etc. Mais nos deux héros se battent pour sauver les humains et les S'sinn d'un conflit meurtrier et, franchement, à voir aller humains et S'sinn dans le reste de l'histoire, on se demande bien en quoi ils méritent autant de dévouement. Willett décrit des sociétés dont l'aveuglement, les préjugés et la bêtise le disputent à la soif de sang et de vengeance. En quoi valent-elles d'être sauvées? Ses personnages sauvent la paix, mais ils n'achètent pas forcément un avenir meilleur pour leurs sociétés d'origine. Du coup, on a du mal à être content de leur triomphe.
mesure, Lost in Translation (DAW, 2006) représentait pour lui une percée dans le monde de l'édition professionnelle de science-fiction aux États-Unis pour lecteurs adultes, même si je jurerais avoir entendu Ed parler en fin de semaine de ce roman comme d'un ouvrage pour jeunes lecteurs... Les critiques ont été parfois tièdes ou mitigées. De fait, en refermant le livre, je me suis demandé pourquoi j'étais plus soulagé que content de l'avoir terminé. Après tout, je l'avais lu d'une traite depuis son achat sur place à Winnipeg samedi — compte tenu de quelques interruptions mineures comme la remise des Prix Aurora ou mon retour en avion à Montréal. Si la première partie se borne à nous présenter les deux personnages principaux, Jarrikk et Kathryn, les péripéties s'enchaînent ensuite sans discontinuer et engendrent un suspense authentique. Jarrikk et Kathryn appartiennent à deux espèces intelligentes ennemies. Si la seconde est humaine, le premier est un S'sinn, membre d'une espèce carnivore et prédatrice. Ce qu'un long retour en arrière établit au début du roman, c'est que tous les deux ont souffert de la guerre qui a opposé les humains et les S'sinn. Kathryn a perdu ses parents et Jarrikk a perdu ses frères de chasse avant qu'une blessure le prive de toute possibilité de voler, l'acculant selon la tradition au suicide rituel... La Guilde des Traducteurs d'un Commonwealth interstellaire les a recueillis après la conclusion d'une paix imposée aux belligérents par les autres espèces au sein du Commonwealth, mais leurs loyautés vont être mises à rude épreuve par les menées de factions bellicistes tant chez les humains que chez les S'sinn.Willett ne renouvelle pas le space-opéra. Les espèces, les planètes et les technologies mises en scène sont assez typées, voire stéréotypées (la colonie humaine qui rappelle beaucoup une petite ville du Midwest étatsunien, une espèce carnivore qui obéit à un code guerrier, etc.), de sorte que la vraisemblance n'est pas toujours au rendez-vous. La société des S'sinn pourrait-elle se passer de tous les individus qu'un accident (ou l'âge) empêche de voler? Et les différentes facultés empathiques ou télépathiques des personnages ne sont que moyennement convaincantes.
Mais le principal défaut du roman, c'est sans doute de rendre les protagonistes fort peu sympathiques. Je ne songe pas à Jarrikk et Kathryn, qui sont nobles, sages, courageux, etc. Mais nos deux héros se battent pour sauver les humains et les S'sinn d'un conflit meurtrier et, franchement, à voir aller humains et S'sinn dans le reste de l'histoire, on se demande bien en quoi ils méritent autant de dévouement. Willett décrit des sociétés dont l'aveuglement, les préjugés et la bêtise le disputent à la soif de sang et de vengeance. En quoi valent-elles d'être sauvées? Ses personnages sauvent la paix, mais ils n'achètent pas forcément un avenir meilleur pour leurs sociétés d'origine. Du coup, on a du mal à être content de leur triomphe.
Libellés : Livres, Science-fiction
2008-05-18
Prix Aurora 2008
Après les Prix Aurora 2007, les Prix Aurora 2008. Cela se passait ce soir à Winnipeg, à l'Hôtel Radisson qui accueillait le vingt-cinquième congrès KeyCon.
Mauvaise année pour les Prix Aurora, somme toute. Presque une année maudite... On se consolera en se disant que l'année prochaine sera forcément meilleure.
La soirée avait pourtant bien commencé. Les détenteurs de billets avaient droit à une consommation gratuite à prendre au bar, comme on le voit dans cette photo qui nous montre
Hayden Trenholm, surpris un verre à la main. Comme le service des plats avait été retardé de quelques minutes, c'était l'occasion rêvée de bavarder, voire de faire connaissance avec des fans et des participants que l'on avait croisé sans jamais avoir eu l'occasion de leur parler. Une fois le repas essentiellement terminé, l'invitée d'honneur de la Canvention, Tanya Huff, avait prononcé un discours enflammé en faveur de la SF canadienne qu'il fallait honorer à la hauteur de ses indéniables mérites. « We're number one !» a-t-elle fait entonner à la foule. J'ai été à deux doigts de lancer « Numéro un ! » pour faire entendre un peu de français, mais j'ai hésité et raté l'occasion... Les organisateurs de KeyCon ont alors récompensé des bénévoles exceptionnels au sein de leur organisation.
Robert J. Sawyer a ensuite été invité par l'animatrice, Liana K, à présenter à Dennis Mullin un Prix Aurora pour l'ensemble de sa carrière de bénévole. Comme Dennis Mullin était absent et n'avait pas fait parvenir de discours, ce rare honneur a fait long feu.
Deux seuls prix ont été remis dans les catégories faniques. Paul Bobbitt, le rédacteur en chef du clubzine The Voyageur, a obtenu le prix du meilleur accomplissement fanique (autre), annoncé par Lance Sibley, mais Bobbitt était absent. Et Barb Schofield a accepté des mains de Randy McCharles le prix du meilleur accomplissement fanique organisationnel au nom et à la place de Penny Lipman, qui recevait le prix pour ses participations à des mascarades et concours de costumes. (En revanche, aucun prix n'était décerné dans la catégorie du meilleur fanzine, le public ayant refusé d'accorder un prix par défaut au seul concurrent en lice.)
Dans la catégorie de l'accomplissement artistique, le Prix Aurora a été décerné à Lar deSouza, qui avait réalisé des illustrations pour le numéro d'hiver 2007 d'On Spec et pour le numéro de
printemps-été 2007 de Parsec. Il a fallu que je me réveille un peu : pour la première fois, un gagnant était dans la salle et montait déjà sur l'estrade. Je me suis dépêché d'aller prendre sa photo (mais de loin). Comme cela fait quelques années que Lar deSouza dessine et peint pour les publications canadiennes, on ne pouvait qu'être content pour lui. Je n'ai rien retenu de particulier de son discours de remerciement, mais sa présence était en soi un reproche pour les nombreux fans canadiens qui n'avaient pas pris la peine de voter ou de soumettre des mises en candidature... De fait, c'est ce qu'on retiendra de cette année, sans doute : les participations trop rares et en ordre dispersé au processus (qui s'était considérablement compliqué, il est vrai). De sorte qu'un seul fanzine avait obtenu le minimum requis tandis qu'en principe, aucun ouvrage francophone dans la catégorie des autres ouvrages (critiques, éditoriaux, etc.) n'avait obtenu ce même minimum.
Dans la catégorie du meilleur ouvrage (autre) en anglais, le prix a été décerné à Julie E. Czerneda et Jana Paniccia (toutes les deux absentes) pour leur travail sur le collectif Under Cover of Darkness. Dans la catégorie de
la meilleure nouvelle en français, c'est Laurent McAllister qui a remporté le Prix Aurora (après avoir déjà remporté le Prix Boréal de la meilleure nouvelle, le vilain gourmand!) pour sa nouvelle « Sur la plage des épaves » parue dans Solaris. Contrairement au duo de Czerneda et Paniccia, Laurent était au moins à moitié présent et ne s'est pas privé de faire la bise à la jolie présentatrice (il n'existe aucune photo compromettante... enfin, je crois). Ensuite, dans la catégorie de la meilleure nouvelle en anglais, Brian Hades a remis le prix à Hayden Trenholm pour sa nouvelle « Like Water in the Desert ». Auteur d'Ottawa, Hayden Trenholm était tout de blanc vêtu. Il était aussi comblé, de toute évidence, et ce conseiller d'un sénateur va peut-être devoir lui annoncer qu'il est désormais un lauréat s'il veut en profiter pour solliciter une augmentation de salaire... C'est ensuite toutefois que les choses se sont gâtées puisque j'ai annoncé la remise du Prix Aurora du meilleur livre en français (roman ou nouvelle) à Diane Boudreau pour son roman jeunesse Le Cimetière du musée (Éditions du Phœnix). Naturellement, celle-ci était absente et elle n'avait prévenu personne de ses désirs en cas de victoire. Pourtant, elle avait encouragé sur sa page MySpace tant les mises en candidature par ses fans que la participation à la dernière ronde de votes...
Enfin, Dave Duncan aurait remis l'ultime prix de la soirée, le Prix Aurora du meilleur livre (roman ou recueil) en anglais à Nalo Hopkinson pour son roman The New Moon's Arms... si elle avait été là. Sans surprise, Nalo non plus n'était pas au rendez-vous.
En attendant qu'une grande réunion l'an prochain à la Convention mondiale se penche sur toutes les questions soulevées par ces problèmes, admirons dans la photo ci-dessous ce qui pourrait être un des derniers Prix Aurora confectionnés par l'artiste albertain Franklyn Johnson, qui est sur le point de prendre sa retraite...
Mauvaise année pour les Prix Aurora, somme toute. Presque une année maudite... On se consolera en se disant que l'année prochaine sera forcément meilleure.
La soirée avait pourtant bien commencé. Les détenteurs de billets avaient droit à une consommation gratuite à prendre au bar, comme on le voit dans cette photo qui nous montre
Robert J. Sawyer a ensuite été invité par l'animatrice, Liana K, à présenter à Dennis Mullin un Prix Aurora pour l'ensemble de sa carrière de bénévole. Comme Dennis Mullin était absent et n'avait pas fait parvenir de discours, ce rare honneur a fait long feu.
Deux seuls prix ont été remis dans les catégories faniques. Paul Bobbitt, le rédacteur en chef du clubzine The Voyageur, a obtenu le prix du meilleur accomplissement fanique (autre), annoncé par Lance Sibley, mais Bobbitt était absent. Et Barb Schofield a accepté des mains de Randy McCharles le prix du meilleur accomplissement fanique organisationnel au nom et à la place de Penny Lipman, qui recevait le prix pour ses participations à des mascarades et concours de costumes. (En revanche, aucun prix n'était décerné dans la catégorie du meilleur fanzine, le public ayant refusé d'accorder un prix par défaut au seul concurrent en lice.)
Dans la catégorie de l'accomplissement artistique, le Prix Aurora a été décerné à Lar deSouza, qui avait réalisé des illustrations pour le numéro d'hiver 2007 d'On Spec et pour le numéro de
Enfin, Dave Duncan aurait remis l'ultime prix de la soirée, le Prix Aurora du meilleur livre (roman ou recueil) en anglais à Nalo Hopkinson pour son roman The New Moon's Arms... si elle avait été là. Sans surprise, Nalo non plus n'était pas au rendez-vous.
En attendant qu'une grande réunion l'an prochain à la Convention mondiale se penche sur toutes les questions soulevées par ces problèmes, admirons dans la photo ci-dessous ce qui pourrait être un des derniers Prix Aurora confectionnés par l'artiste albertain Franklyn Johnson, qui est sur le point de prendre sa retraite...
Libellés : Science-fiction